Arrivé au troisième volume de cette série policière avec Palimpsestes (avril 2026), il est temps de faire un point sur la catégorie dans laquelle s’inscrivent mes romans.
Ceux bien sûr qui mettent en scène Félix Boldère et sa fidèle Nina.
Pour commencer, voici les principaux genres de polars (romans policiers) :
1. Le roman à énigme (whodunit)
- Intrigue centrée sur une enquête logique.
- Le lecteur dispose des mêmes indices que l’enquêteur.
- Exemple : Agatha Christie
2. Le roman noir
- Atmosphère sombre et pessimiste.
- Accent mis sur la psychologie, la corruption, la critique sociale.
- Exemple : James Ellroy
3. Le thriller
- Suspense intense, rythme rapide.
- Souvent centré sur un danger imminent.
- Exemple : Harlan Coben
4. Le polar procédural
- Détail réaliste du travail de police (techniques, hiérarchie, procédures).
- Exemple : Michael Connelly
5. Le polar psychologique
- Exploration approfondie de l’esprit du criminel ou de l’enquêteur.
- Exemple : Patricia Highsmith
6. Le polar historique
- Enquête située dans une autre époque.
- Exemple : Ellis Peters
7. Le polar nordique
- Polar venu des pays scandinaves.
- Ambiance froide, critique sociale marquée.
- Exemple : Stieg Larsson
Ensuite, le mélange de genres peut donner naissance à d’autres genres.
Et moi, Francis Nopré-Villière, où puis-je me situer ?
J’écris des polars parisiens, donc français.
Mon genre littéraire est un mélange de polar à énigme, agrémenté de quelques touches de polar noir, un soupçon de polar procédural, beaucoup de psychologie, avec quelques pointes de type thriller. J’allais oublier un zeste d’humour (surtout noir) qui a tendance à se réduire au fur et à mesure que mon flic préféré avance en âge.
J’apporte une importance capitale à mes personnages. Je me fais souvent l’avocat du diable, aussi le lecteur pourra facilement se mettre à la place de chacun d’eux.
Je regarde la société, le monde, ses acteurs, sans jamais les condamner définitivement, mais avec un œil tendre pour certains, compatissant pour d’autres.
A ce propos, j’adhère à cette profession de foi littéraire qui est mienne :
Je veux écrire pour les laissés pour compte, les rejetés, les gros, les anorexiques, les autistes, les dyslexiques, les gentils, les méchants (ceux qui prétendent l’être), les opportunistes, les hypocrites, les généreux, les curés, les athées, ceux qui sont à terre, ceux qui se relèvent… je voudrais parler d’eux. Pour ne pas qu’on les oublie.
On pourra dire que mon genre littéraire est le POLAR de regard.
Mais, en détail, qu’est-ce qu’un polar de regard ?
C’est un roman policier qui met moins l’accent sur l’énigme ou la résolution spectaculaire d’un crime que sur la manière dont le monde est observé, interprété et jugé par les personnages. Dans ce type de polar, l’enquête devient souvent un prétexte pour explorer une vision particulière de la société, des individus et de leurs zones d’ombre, de leurs particularités.
Ainsi, le regard du romancier ou de l’enquêteur est central : c’est à travers lui que le lecteur découvre les faits, mais aussi les non-dits et les ambiguïtés.
Les caractéristiques du polar de regard tiennent à cette subjectivité assumée. La narration privilégie souvent la description des attitudes, des gestes et des détails du quotidien. L’enquêteur n’est pas un héros tout-puissant, mais un observateur lucide, parfois désabusé, qui doute de ses certitudes.
Mais vous l’avez sans doute remarqué dans mes précédentes publications : les descriptions sont riches, les durées et les timings sont toujours en rapport avec la réalité. Il m’est important de mettre le lecteur en situation, de lui faire vivre le roman et même de lui permettre de prendre la place de chacun des personnages au fur et à mesure qu’ils apparaissent.
Une lectrice (et très bonne auteure) qui se reconnaîtra sans doute a conclu par cette phrase magnifique pour moi, complètement inattendue, mais ô combien réelle : « On voit que cet auteur aime ses personnages. »
Quels sont ses atouts ?
Ce type de polar propose ainsi une lecture plus lente et plus réflexive. Il invite le lecteur à partager un point de vue, à questionner la vérité et à comprendre que le réel dépend toujours de celui qui le regarde.
En revanche, il a un revers de médaille : le lecteur qui cherche l’extraordinaire, les courses-poursuites, la violence urbaine ou même le sexe intensif en sera pour ses frais. J’aime dire que mes polars sont des polars calmes, pourtant on y trouve des cadavres, comme dans tous les polars !
